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L’état “abominable” d’un immeuble délabré à Saint-Denis dénoncé sur Twitter

L’état “abominable” d’un immeuble délabré à Saint-Denis dénoncé sur Twitter




“J’ai chialé pendant une heure tellement ce qu’on inflige à ces familles est immonde”, écrit Laura Wojcik sur Twitter dimanche 23 juin. Cette journaliste, en reportage à Saint-Denis (93), est interpellée par l’état d’un immeuble. Elle publie une quinzaine de photos montrant des murs dévorés par la moisissure, des installations électriques dangereuses et des trous dans les sols et les plafonds. Privées de courant depuis mars 2018, les familles habitant ce bâtiment vétuste ont alerté la mairie mais la situation n’a toujours pas été réglée. Trois familles ont été relogées, selon la Ville, mais d’autres continuent à vivre dans ces conditions car elles n’ont pas un profil leur permettant de bénéficier du Droit au logement opposable (DALO).
La petite fille de 1 an que vous apercevez sur cette image vit au milieu de la moisissure, ses parents tentent tant bien que mal de prendre soin d’elle dans cet enfer d’humidité 3/16 pic.twitter.com/KYLjPu8Pig— Laura Wojcik (@LauraWoj1) June 23, 2019

Tant ce qu’elle a vu lui a paru “abominable”, Wojcik alerte directement sur Twitter, avant même d’écrire son article. “Je n’ai jamais vu une telle misère, une telle indignité. On a l’impression d’être dans un film d’horreur”, raconte-t-elle aux Inrocks. Alors qu’elle passait régulièrement devant cet immeuble, elle a décidé d’y entrer quand elle s’est aperçue que les habitants entreposaient des aliments sur les rebords des fenêtres.
Ah oui et à l’étage au dessus il n’y a même plus de sol, tout s’est effondré. Du coup les 4 personnes qui habitent là on couché des portes pour remplacer le parquet 8/16 pic.twitter.com/waVZDHIf8O— Laura Wojcik (@LauraWoj1) June 23, 2019

Le député LFI de Seine-Saint-Denis Eric Coquerel admet être, lui aussi, sorti en pleurant la première fois qu’il a visité les lieux. “On n’imagine pas que des gens puissent vivre dans cette situation-là”, nous dit-il. Il s’est rendu trois fois au boulevard Ornano à Saint-Denis pour voir si les conditions de vie avaient évolué. Très rapidement, il est entré en contact avec les autorités locales pour tenter de résoudre le problème. Avec le maire PCF Laurent Russier, Coquerel a envoyé une lettre à la préfecture de Seine-Saint-Denis en février pour demander que l’ensemble des personnes soient relogées afin d’assurer leur sécurité. D’après Mathilde Caroly, élue de la Ville chargée du logement, cette lettre est restée sans réponse malgré plusieurs relances. Elle a indiqué aux Inrocks que le procureur de la République avait également été interpellé.
LOGEMENTS INSALUBRES/ MARCHANDS DE SOMMEIL

10 bd Ornano, Saint-Denis
Des familles avec enfants en bas-âge vivant dans la moitié d’un local sans aération, à 600€/mois, une odeur d’humidité insupportable, les images parlent mieux que les mots.
↪️ https://t.co/ppzarDwXjJ pic.twitter.com/G7FVKRHrtR— Eric Coquerel (@ericcoquerel) February 11, 2019

Des locataires “doublement victimes”

Si la situation est si tendue aujourd’hui, c’est à cause de manœuvres immobilières. La mairie et Eric Coquerel affirment que le nouveau propriétaire – que nous n’avons pas pu contacter – aurait acheté l’immeuble en juillet 2018 “libre de toute occupation”, autrement dit, comme si personne n’y habitait. Or, les résidents disent y être depuis plusieurs années, comme le précisait déjà Le Parisien en février. Leur bail n’a pas été renouvelé, ce qui les rend, selon Mathilde Caroly, “doublement victimes : d’un marchand de sommeil et d’expulsion”. En effet, sans aucun contrat qui les lie au propriétaire, ils peuvent se retrouver sans toit du jour au lendemain, surtout qu’ils sont plusieurs à ne pas pouvoir présenter les garanties nécessaires pour obtenir un nouveau logement. L’élue de Saint-Denis précise sa demande à la préfecture : “Nous voulons qu’ils soient pris en charge en hébergement d’urgence avec un réel suivi.”
Avant qu’il y ait des morts il faut agir. Voilà c’est tout. @Prefet93, @Elysee, @saintdenis974 vous avez déjà été sollicités à de nombreuses reprises. Vous avez déjà le dossier entre les mains. Laissez pas les gens crever dans la misère comme ça quoi 16/16— Laura Wojcik (@LauraWoj1) June 23, 2019

Retweetée plus de 7 000 fois en moins de 24 heures, la journaliste Laura Wojcik interpelle également la préfecture sur Twitter : “Avant qu’il y ait des morts, il faut agir”. Nous avons joint la préfecture pour faire un point sur la situation mais elle n’a pas donné suite à nos sollicitations.
[Thread urgent] Je n’ai pas l’habitude de m’épancher sur mes reportages mais là j’ai vu l’indicible dans un immeuble de Saint-Denis. Ça dépasse tout ce que j’ai vu jusque là en termes de mal logement 1/16— Laura Wojcik (@LauraWoj1) June 23, 2019




Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/06/24/actualite/actualite/letat-abominable-dun-immeuble-delabre-a-saint-denis-denonce-sur-twitter/

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Publish date : 2019-06-24 19:39:31

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"Je suis végétarien depuis une vidéo de L214": pourquoi ces images sont-elles si efficaces ?

"Je suis végétarien depuis une vidéo de L214": pourquoi ces images sont-elles si efficaces ?




1- Le choc de l’image

Si chacun est conscient que la viande provient, à l’origine, d’ animaux vivants, le visionnage de vidéos montrant des vaches, porcs et poulets agonisant dans les abattoirs et les élevages constitue souvent un vrai choc. Ces images, qui donnent à voir la souffrance animale, impactent ceux qui les regardent à tel point que certains abandonnent ou, tout du moins, réduisent leur consommation de viande. C’est le cas de Diane, qui est devenue végan après avoir été confrontée en images aux violences subies par les poussins dans les élevages de poules pondeuses : “C’était en 2014, j’ai vu une vidéo de L214 sur les poulets”, raconte-t-elle aux Inrocks. “On voyait des poussins qui étaient broyés. Depuis, à chaque fois que j’achète des œufs, j’ai les images en tête.” On a beau savoir que les steacks proviennent d’une vache qui a dû souffrir, le fait de voir les images change tout. Même chose pour Tristan, jeune végétarien de 19 ans, qui explique : “Je voulais devenir végétarien déjà en 2017 après avoir vu une vidéo de L214. Après ça, j’ai regardé des documentaires là-dessus et j’ai commencé à ressentir beaucoup moins de satisfaction en mangeant de la viande et du poisson. Ces vidéos m’ont traumatisé, ça m’a mis tellement mal que je suis devenu végétarien.”
Pour d’autres, déjà sensibilisés, les images tournées par L214 achèvent de les convaincre, à l’instar d’Adélaïde, flexitarienne depuis 3 ans.”J’ai toujours été sensible à la cause animale, je n’ai jamais mangé beaucoup de viande et je faisais attention à l’acheter en bio. Quand L214 a sorti la vidéo sur les abattoirs bios, j’ai pris conscience que je ne pouvais plus me cacher derrière le bio sous prétexte qu’ils étaient moins maltraités et je me suis dit : c’est terminé.” Adélaïde, Tristan et Diane ne sont pas seuls puisque le marché végétarien/végan a enregistré une hausse de 24 % pour la seule année 2018.

2- Des vidéos qui dévoilent une réalité cachée

Ces vidéos poussent à devenir végétarien “parce qu’elles ont valeur de témoignage et c’est, aujourd’hui, ce qui participe le plus à changer nos comportements”, selon André Gunthert, maître de conférences en histoire visuelle à l’EHESS. Ces vidéos apportent une réelle information à celui qui la regarde. C’est ce qui les différencie des actions militantes de rue qui participent aussi à changer notre vision de la souffrance animale, mais dans une moindre mesure. “Parce que c’est un geste symbolique. Alors que ces vidéos montrent un travail d’enquête, une information qui est souvent volée et qui révèle une vérité cachée”, précise l’universitaire aux Inrocks.
Ces images effrayantes dévoilent une réalité sur l’élevage industriel et sur l’abattage que les agriculteurs et les industriels n’ont pas intérêt à montrer aux consommateurs. Aurélie, 30 ans, en témoigne :”Par conditionnement, je ne réalisais pas l’existence des abattoirs et toute l’exploitation qu’il y a avant parce qu’on ne nous montre pas tout ça, comme si c’était normal… Et je suis devenue végan du jour au lendemain.” Pour André Gunthert, la publicité joue un rôle déterminant dans ce phénomène : il existe un décalage fort entre ce que montrent les spots et la réalité de la souffrance animale dépeinte par les associations animalistes. Si bien que, “quand vous tombez sur ces vidéos, vous tombez de votre chaise”.

>> A lire aussi : “Assez de sang versé” : L214 défile pour la fermeture des abattoirs

3- Une information militante vue comme plus “authentique”

Le climat de défiance vis-à-vis des médias traditionnels chez les jeunes aurait lui aussi son importance. Selon André Gunthert, “il y a une inversion de valeur chez les jeunes pour qui cette information militante est bien plus authentique et crédible que celle donnée par les médias classiques.” Ainsi, les manières de s’informer détermineraient déjà le fait de voir ces images ou de ne pas les voir. “Le spectateur du JT ne risque pas d’être confronté à ces images violentes. Quand les personnes plus âgées ont accès à cette information c’est souvent par le biais de leurs enfants”, indique l’universitaire.

4- Une sensibilité accrue envers le sort des  animaux

D’après André Gunthert, le végétarisme touche davantage les jeunes urbains. Ces citadins, en s’éloignant de la ruralité, ont changé le rapport que la société entretient avec l’animal, qui est passé du statut de bétail à animal familier. “Le rapport à l’animal a évolué proportionnellement avec notre éloignement de l’élevage. Aujourd’hui la vision de la souffrance animale est devenue insupportable pour ces jeunes”, détaille-t-il. Le témoignage de Tristan vient d’ailleurs confirmer la différence de perception qui existe entre les générations : il explique avoir essayé de sensibiliser ses parents et grands-parents, mais que les vidéos n’ont pas eu tout à fait le même effet que sur lui. “Ils ont été choqués aussi et ça les a fait changer, maintenant ils achètent bio et local, mais pas au point d’arrêter la viande du jour au lendemain.”
L’empathie grandissante pour les animaux dans les milieux urbains met par ailleurs certains internautes devant leurs contradictions et les pousse à agir. “Ça m’a vraiment perturbé, j’ai mis en relation ces images avec mon discours politique de gauche, et je me suis dit que ce n’était vraiment pas normal et pas cohérent de ma part de ne rien faire”, révèle Sébastien, végétarien depuis 2016.
Ces images, certains n’arrivent même plus à les regarder alors qu’elles sont à l’origine de leur changement d’alimentation. C’est le cas d’Alexandra qui ne consomme plus ni viande ni poisson depuis 3 ans : “il y a des vidéos que je ne regarde pas parce que c’est insoutenable. Pour moi ça a été un électrochoc. Quand je mangeais de la viande les images revenaient et ça m’a dégoûtée.” Charlotte, végé depuis 12 ans et végan depuis 10 émet malgré tout une réserve sur l’impact que ces images pourraient avoir sur le long terme “on s’habitue aux vidéos, moi ça me choque moins qu’avant, à force d’y être confrontée. Ça risque aussi d’arriver dans l’opinion publique.”

>> A lire aussi : [Vidéo] Vaches à hublots, L214 porte plainte contre un élevage expérimental



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/06/21/actualite/actualite/vegetarien-depuis-une-video-de-l214-pourquoi-les-tactiques-de-lasso-sont-elles-si-efficaces/

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Publish date : 2019-06-21 16:23:46

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[Vidéo] Balkany : “A l’époque, tous les Français qui avaient de l’argent avaient des comptes en Suisse”

[Vidéo] Balkany : “A l’époque, tous les Français qui avaient de l’argent avaient des comptes en Suisse”




Patrick Balkany a réglé ses comptes… mais pas ceux que l’on croit. Le maire (LR) de Levallois-Perret, dont le procès pour fraude fiscale, corruption et blanchiment d’argent s’est achevé mercredi 19 juin au palais de justice de Paris, était l’invité d’Apolline de Malherbe sur BFMTV dimanche 23 juin. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il en avait des choses à dire, dénonçant notamment “un acharnement”.

“Je n’ai jamais corrompu qui que ce soit, ni jamais été corrompu”

Au cours de son procès, qui s’est étendu sur cinq semaines, Patrick Balkany a bien avoué “ne pas avoir fait ce (qu’il aurait) dû faire” pour déclarer son patrimoine, lui qui est soupçonné d’avoir caché treize millions d’euros au fisc entre 2007 et 2014. En revanche, il a toujours écarté les accusations de corruption. Questionné par la journaliste de BFMTV sur l’origine de leur fortune, l’époux Balkany maintient sa position : “J’ai reconnu la dissimulation d’argent de famille. Nous allons être condamnés pour fraude fiscale, mais je vous redis que je n’ai jamais été corrompu.”
“Nous allons être condamnés pour fraude fiscale, mais je vous redis que je n’ai jamais été corrompu”, a martelé Patrick Balkany#eemt

📺 https://t.co/VCLLBi3aQR pic.twitter.com/sJD1ewGxos— BFMTV (@BFMTV) June 23, 2019

“On ne va quand même pas s’excuser toute notre vie d’être nés dans des familles riches”, déclare-t-il avant de demander à la journaliste si elle s’excusait (elle aussi) de son patronyme. “Non, vous en êtes fière. Eh bien nous aussi on est fiers du nôtre. On est fiers de nos origines, on est fiers de nos parents.” Il poursuit : “Ceux qui vous montrent du doigt parce qu’ils sont jaloux ou haineux… Je ne vous dirai pas ce que je leur réponds, mais je le pense très fort.”
Patrick Balkany: “On va pas s’excuser toute notre vie d’être nés dans des familles riches” #EEMT pic.twitter.com/tC0Mjwzv8H— BFMTV (@BFMTV) June 23, 2019

Patrick Balkany évoque aussi le regret de ne pas avoir rapatrié l’intégralité de sa fortune familiale qui se trouvait en Suisse en 1985, du temps de l’amnistie du gouvernement Balladur. “C’était il y a 33 ans, c’est très ancien. Je n’avais peut-être pas la même maturité”, explique l’élu. Avant de reprendre sa ligne de défense : “A l’époque, tous les Français qui avaient de l’argent avaient des comptes numérotés en Suisse. (…) Il faut remettre ça dans son contexte.”
Patrick Balkany: “À l’époque, tous les Français avaient des comptes en Suisse” #EEMT pic.twitter.com/pQLcHYf9Ij— BFMTV (@BFMTV) June 23, 2019

Plus l’âge d’aller en prison

Interrogé sur la possibilité de se retrouver derrière les barreaux, l’ancien député ne semble pas inquiet. “Personne n’a été jamais été condamné en première instance à aller en prison pour fraude fiscale, personne. En plus, je vais avoir 71 ans, je crois qu’il y a d’autres endroits pour moi que la prison”, assure-t-il, non sans qualifier le fisc de “machine à broyer”.
Le maire de Levallois-Perret est aussi revenu sur sa relation avec Me Eric Dupond-Moretti, et en particulier sur leur échange à la sortie de la première audience du procès. L’élu LR avait, en effet, repris son avocat sur son âge – “71 (ans) bientôt, ne me vieillissez pas !” –, devant les caméras des journalistes. “Mais vous n’avez rien compris Apolline, explique-t-il sur BFMTV, je voulais qu’il s’arrête. Je ne voulais pas qu’il parle de ce qui, pour moi, était impudique (Me Dupond-Moretti s’exprimait, notamment, sur l’état de santé d’Isabelle Balkany, qui avait tenté de mettre fin à ses jours, ndlr).” Patrick Balkany a d’ailleurs précisé que son épouse allait “mieux” même si “elle ne sort pas encore”. “Les médecins n’ont pas voulu.”
Le parquet national financier a requis sept ans de prison ferme, avec dix ans d’inéligibilité à l’encontre de l’élu LR, et quatre ans avec sursis ainsi que 500 000 euros d’amende contre Isabelle Balkany. Le couple attend désormais la décision de la Justice qui devrait arriver cet automne.



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/06/24/actualite/actualite/video-balkany-a-lepoque-tous-les-francais-qui-avaient-de-largent-avaient-des-comptes-en-suisse/

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Publish date : 2019-06-24 17:14:36

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Canicule : Deux cartes de Paris recensent les “îlots de fraîcheur”

Canicule : Deux cartes de Paris recensent les “îlots de fraîcheur”




Si vous vivez en Ile-de-France, vous le savez déjà : il va faire très chaud cette semaine, surtout mercredi et jeudi. L’Apur, atelier parisien d’urbanisme, a décidé de prendre les devants en dévoilant deux cartes à destination des riverains pour tenter de supporter les jours à venir.

A la recherche des îlots de fraîcheur

La première carte recense les îlots et parcours de fraîcheur à Paris en journée. On y trouve pêle-mêle : les espaces publics frais et les tunnels piétons ; les espaces végétalisés selon leur pourcentage d’ombre mais aussi des endroits “frais” comme les lieux de culte, les piscines, les musées et bibliothèques, et les points d’eau comme les jets et brumisateurs.

La deuxième carte, elle, indique les espaces publics frais et/ou végétalisés ouverts la nuit.

Le site de la mairie de Paris propose lui aussi une carte interactive “îlots de fraîcheur urbaine”.
Comme le rappelle Emmanuel Demaël, prévisionniste à Météo-France et interrogé par l’AFP : “C’est une canicule sans précédent par sa précocité pour le mois de juin, et ce depuis 1947.”



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/06/24/actualite/societe/canicule-deux-cartes-de-paris-recensent-les-ilots-de-fraicheur/

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Publish date : 2019-06-24 15:39:51

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A LFI, “une page est en train de se tourner”, assure Jean-Luc Mélenchon

A LFI, “une page est en train de se tourner”, assure Jean-Luc Mélenchon




C’est une petite tape amicale dans le dos qui en dit long. Ce 23 juin, au moment de se lever pour conclure la convention de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon n’a pas pu réprimer ce geste de complicité avec Adrien Quatennens. Le député du Nord, élu à 27 ans en 2017, a été nommé la veille coordinateur du mouvement. Il se substitue ainsi à Manuel Bompard, chef d’orchestre discret de LFI à qui le tribun a rendu un hommage appuyé. La jeune députée Mathilde Panot a pour sa part été nommée vice-présidente du groupe parlementaire. Est-ce à dire qu’une page se tourne au sein du mouvement populiste de gauche, après son score décevant aux européennes (6,3 %) ? C’est ce que son chef de file affirme, mais tout en nuances : “Ce n’est plus moi qui ouvrirai toutes les réunions, ni moi qui les terminerai toutes”.

“Auto-flagellation tant à la mode dans la vieille gôche”

Il le savait : son discours était très attendu, puisqu’il s’est astreint à une cure de silence médiatique depuis le 26 mai, en dépit des critiques internes de plus en plus insistantes. Il serait donc très écouté. Le député des Bouches-du-Rhône, âgé de 67 ans, n’a pas boudé son plaisir, prenant une heure vingt pour exposer sa vision de l’avenir, au lieu des vingt minutes annoncées. Sur l’estrade, il apparaît revigoré, par rapport au discours affecté qu’il avait prononcé à l’Assemblée nationale, la gorge nouée, en réponse à Edouard Philippe. Ce n’est pas la première fois qu’il doit se remettre d’un effondrement – on se souvient de ses larmes après les européennes de 2014, et de sa prière laïque : “Allez les travailleurs, ressaisissez-vous !” 

>> A lire aussi : Portrait d’Adrien Quatennens, l’insoumis qui monte

Après presque un mois de méditation, entrecoupée d’un post de blog lapidaire et d’une manifestation avec les salariés de General Electric à Belfort, le ressaisissement est en bonne voie. “Une page est en train de se tourner aujourd’hui, vous le voyez à ce fait que je conclue, alors qu’autrefois j’ouvrais : c’est dire qu’il va se passer autre chose après, de différent !”, cabotine-t-il dans la salle de la Chesnaie-du-Roy, dans le bois de Vincennes, à Paris. Des vieilles habitudes n’ont pourtant pas changé. En réponse aux appels impérieux de personnalités de la France insoumise à une nécessaire autocritique, Jean-Luc Mélenchon ne cède rien. “Aucune auto-flagellation de convenance tant à la mode dans la vieille gôche officielle mondaine ne viendra jamais abattre” la France insoumise, promet-il avec acrimonie. Pour lui, loin d’être bienveillantes, les critiques reçues par LFI s’inscrivent dans une “campagne interminable pour nous flétrir, nous humilier, nous insulter, réduire tout ce que nous sommes à quelques petites aventures qui occupent deux ou trois lignes dans un coin de page”.

“La porte va dans les deux sens, parfois je le regrette”

Fait-il référence, par ces “trois lignes”, aux phrases assassines visant Clémentine Autain, et prêtées à une de ses proches, sous couvert d’anonymat, au Canard enchaîné le 5 juin ? La députée de Seine-Saint-Denis, qui tient meeting le 30 juin au Cirque Romanès pour reprendre langue avec les forces politiques qui composent la gauche, était attaquée en ces termes : “Pendant que François Ruffin faisait un superbe film sur les gilets jaunes, pendant que tous les députés, Adrien Quatennens en tête, étaient dans tous les meetings, Autain faisait la promotion de son livre où elle raconte les déboires de sa mère. Grand sujet de campagne, ça”.
La violence (et la petitesse) de cette attaque contre Clémentine Autain dans le Canard enchaîné. Parler des « déboires de sa mère », quand on connaît l’histoire… pic.twitter.com/Tqd1KBH2Xh— Pauline de St Remy (@PauSR) June 5, 2019

L’intéressée a préféré ne pas se rendre à la convention de LFI, dont elle ne semblait pas attendre grand-chose. Au moment où Jean-Luc Mélenchon prenait la parole, elle s’interrogeait sur BFM sur la manière dont Adrien Quatennens a été désigné. Ambiance.

>> A lire aussi : Clémentine Autain et Elsa Faucillon : “La stratégie du clash permanent n’a pas fait la maille”

En réponse, le leader de LFI a plaidé le pragmatisme, rappelant que LFI n’était pas un parti politique classique, et que le mouvement pouvait s’émanciper des règles d’un certain protocole qui rend la politique trop inerte à son goût. Il dit avoir proposé le nom de Quatennens à la coordination, qui l’a accepté : “Adjugé, vendu !”. A ceux qui restent attachés aux “batailles pour les virgules”, Jean-Luc Mélenchon lance : “Ces plaisirs sont disponibles à d’autres endroits, pas ici”. Pour finir sur le chapitre du mouvement en lui-même, le tribun affirme qu’il continue de susciter de nouvelles adhésions, même s’il y a des départs. D’où cette phrase pleine d’ambiguïté : “La porte va dans les deux sens, plutôt du côté de l’entrée que de la sortie, parfois je le regrette”.
En réaction à ces attaques à peine voilées, Manon Le Bretton, coresponsable de l’école de LFI et amie de Charlotte Girard (coordinatrice du programme de LFI, qui a quitté le mouvement, et dont personne n’a prononcé le nom ce week-end), a annoncé dans un message sur Facebook qu’elle quittait le mouvement : “Nous voilà sommés d’aller voir ailleurs. Etonnante façon de conclure les travaux d’une assemblée qui planchait en particulier sur la nécessité d’intégrer la contradiction aux processus de décision”, écrit-elle.

Le Pen, “partie en vacances avec le reste de la dynastie”

Sur le fond, si Jean-Luc Mélenchon reconnaît que LFI a “échoué à fédérer” aux européennes, il estime que cela n’est pas dû à la qualité de l’offre politique, mais à la composition de la société et à la dissolution des “grands blocs sociaux” sous l’effet des politiques libérales. Unir de manière transversale les différentes catégories sociales qui auraient intérêt à le faire, dans ce contexte, est un défi. Rien ne sera dit en revanche de la stratégie populiste, dont certains doutent désormais. S’il cite encore Jean Jaurès et l’idéal du “socialisme”, le mot “gauche” est absent de son vocabulaire. Reprenant une “vieille formule” souvent attribuée à Jacques Chirac, il balaye cette mauvaise passe sans davantage de questionnements : “Les hauts je les méprise, les bas je les reprise”.
Pour lui, le véritable perdant des européennes est bien Emmanuel Macron (car 80 % des électeurs n’ont pas voté pour sa liste), qui n’en tire pourtant “aucune conclusion démocratique”. Quant à Marine Le Pen, qui a bénéficié du référendum anti-Macron voulu par la direction de LFI, il remarque qu’elle “est partie en vacances avec le reste de la dynastie”. Enfin, Jean-Luc Mélenchon a ironisé sur Yannick Jadot qui rejette toute alliance politique, alors qu’il dénonçait auparavant la “volonté d’hégémonie” de LFI.

“Nous n’étions pas parfaits”

En filigrane, et de manière très sporadique, l’ancien sénateur socialiste a concédé des erreurs, sans les nommer. Et s’est essayé à l’humilité : “Nous sommes en train de tourner une page. Nous nous sommes rendu compte que nous n’étions pas parfaits. Nous n’avons pas fait tout ce qui aurait dû être fait”. Et son rôle, dans ce remue-ménage qui n’en est pas vraiment un ? “Il est consubstantiel au mouvement”, dit-il. En référence à la jeune garde – Adrien Quatennens et Mathilde Panot – qu’il met en avant, il conclut : “Ils vont avoir besoin de la sagesse de ceux qui ont accumulé du savoir dans la lutte, d’abord la mienne”.



Source link : https://www.lesinrocks.com/2019/06/23/actualite/politique/a-lfi-une-page-est-en-train-de-se-tourner-assure-jean-luc-melenchon/

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Publish date : 2019-06-23 09:23:15

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Oubliée dans un avion : le réveil difficile d’une passagère d’Air Canada

Oubliée dans un avion : le réveil difficile d’une passagère d’Air Canada




S’endormir pendant un vol et se retrouver, quelques heures plus tard, seule, dans le noir, abandonnée par l’équipage. C’est ce qu’a vécu Tiffani Adams, passagère d’Air Canada, dans la nuit du 9 juin. La passagère raconte, via un message facebook partagé par une amie sur la page de la compagnie mercredi 19 juin, qu’elle s’est réveillée dans l’avion vers minuit “gelée, toujours attachée à (s)on siège, dans le noir total.”
Dans le message, la jeune femme raconte s’être endormie peu après le décollage, lors d’un vol Québec-Toronto d’environ une heure et demie. A son réveil, l’avion est vide. Pas d’autres passagers, pas de personnel d’Air Canade. L’appareil a été remorqué à l’extérieur de l’aéroport Pearson de Toronto. “Je me dis, ‘je fais un cauchemar’ (parce que) sérieusement comment cela peut-il arriver ?”, narre-t-elle.

Sharing for my friend Tiffani Adams

Another sleepless night for moi unfortunately insomnia doesn’t care that I work in…Posted by Deanna Noel-Dale on Wednesday, June 19, 2019

Plus de batterie

Comble du désarroi, la jeune femme est à court de batterie. Elle joint brièvement un ami avant que son téléphone ne s’éteigne. Tiffani Adams tente alors de maîtriser son angoisse : “J’essaie de me concentrer sur ma respiration et de contrôler mon attaque de panique, pendant que je tente de charger mon téléphone en le connectant à tous les ports USB que j’ai trouvés.” Mais l’électricité est coupée, impossible de recharger sa batterie.
Elle parvient néanmoins à trouver une lampe torche dans le cockpit et réussi à ouvrir l’une des portes de l’appareil mais ne peut pas descendre : entre douze et quinze mètres la séparent du sol. Elle décide d’utiliser la lumière pour essayer d’attirer l’attention d’un membre du personnel de l’aéroport. C’est finalement un conducteur de chariot de bagages qui repère Adams,”les jambes pendant littéralement en dehors de l’avion”. “Il est choqué, me demande comment diable ils ont pu me laisser dans l’avion… Je me pose la même question.”
Une fois sortie de l’appareil grâce à une échelle apportée par le bagagiste, la jeune femme rejoint l’aéroport. Air Canada lui présente des excuses pour l’incident et lui offre “une limousine et un hôtel” qu’elle refuse. Interrogée par la chaîne CTV News, la compagnie assure qu’une sur l’incident est lancée, sans fournir davantage de détails. Tiffani Adams, elle, ne parvient plus à trouver le sommeil depuis et indique être victime de terreurs nocturnes : “Je me réveille anxieuse et terrorisée d’être enfermée quelque part dans le noir.”



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Publish date : 2019-06-24 12:06:49

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“Les Terriens”, ONPC, Radio France : Charline Vanhoenacker se lâche dans une interview au “Parisien”

“Les Terriens”, ONPC, Radio France : Charline Vanhoenacker se lâche dans une interview au “Parisien”




Ne lui parlez surtout pas de télévision. Charline Vanhoenacker se sent comme un poisson dans l’eau sur France Inter. Alors que la saison touche à sa fin, l’humoriste belge a fait le bilan dans une interview cash et sans langue de bois au Parisien.”Vous allez me prendre pour un ostrogoth mais je préfère la radio”, répond-elle quand on lui parle de projets télévisuels, notamment quand on lui demande si elle a été approchée pour prendre la suite de Christine Angot et Charles Consigny dans l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché (ONPC).

“C’était très putassier”

Cette “télé à la française”, très peu pour elle. Pour l’humoriste, Les Terriens de Thierry Ardisson ou ONPC “n’existeraient pas en Belgique”. Selon elle, “on s’en fiche de l’avis de Yann Moix sur l’album de Kendji Girac, non ?” Quant à l’émission de l’homme en noir, elle est “ravie que ça s’arrête car c’était très putassier”. C’est dit.

>> A lire aussi : Portrait de Charline Vanhoenacker, la Belge qui dynamite le système

La Belge développe sa pensée dans la suite de l’interview : “Je suis toujours hallucinée qu’on déroule le tapis rouge à l’extrême-droite. En Wallonie, elle n’est jamais sur les plateaux et, aux européennes, elle a fait moins de 5 %. En France, Marine Le Pen est partout et a gagné le scrutin… Les médias sont responsables de la banalisation de ses idées. Surtout ceux comme Sud Radio dont les théories d’Alain Soral sont le fonds de commerce.”

“A quoi ça sert d’être premier, si on veut te saborder ?”

Charline Vanhoenack n’use pas non plus de la langue de bois lorsqu’il s’agit de parler de son employeur. “Je suis en colère car je ne comprends pas pourquoi, alors qu’on a d’excellents résultats, on coupe les budgets ? A quoi ça sert d’être premier, si on veut te saborder ?”
Enfin, elle indique qu’avec ses acolytes Alex Vizorek et Guillaume Meurice (qui officient dans Par Jupiter chaque jour de la semaine de 17 h à 18 h), “on a accroché un portrait du ministre de la Culture, Franck Riester, de peur d’oublier son visage”.



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Publish date : 2019-06-24 10:36:17

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Quand Brigitte Macron compare le chef de l’Etat à Atlas, "ce dieu qui porte la voûte terrestre"

Quand Brigitte Macron compare le chef de l’Etat à Atlas, "ce dieu qui porte la voûte terrestre"




Après Jupiter, Emmanuel Macron s’est vu attribuer un nouveau qualificatif par son épouse ce jeudi 20 juin lors d’un entretien accordé à RTL : celui d’Atlas (“Le porteur”), nom donné au titan grec condamné par les dieux à porter le monde (la sphère terrestre plus précisément) sur ses épaules. “Je mesure, et cela pour tous les présidents, ce qui leur tombe sur leurs épaules. C’est Atlas, ce dieu qui porte la voûte terrestre”, a-t-elle déclaré.
L’épouse des Macron est également revenue sur l’Affaire Benalla qui n’en finit pas d’empoisonner l’exécutif depuis les révélations des violences du 1er mai 2018 (et les sept procédures judiciaires en cours). La première dame le reconnaît : “On a certainement minimisé cette affaire. Personnellement j’ai été étonnée de l’ampleur qu’elle a prise”. Tout le contraire de la crise des gilets jaunes qui, selon ses dires, “n’a pas été minimisée”. “Je pense qu’il a pris conscience de la crise des gilets jaunes. Il a fait des réformes plus tôt qui étaient prévues plus tard”, a-t-elle rajouté.

“Je pense que le temps lui rendra hommage”

Brigitte Macron est également revenue sur l’implication et le travail de son mari : “Je serais malheureuse si je le voyais baisser les bras. Mais pas un instant, il ne l’a pas fait”. Pourtant, après l’avoir comparé à un dieu grec, la première dame a évoqué les “faiblesses humaines” du président : “Tout le monde fait des erreurs, il n’est qu’un homme. Personne n’a des réponses immédiates à tout (…) Il travaille sans arrêt, il se pose des questions et il y répond (…) Mais je pense que le temps lui rendra hommage”. Jupiter ? Atlas ? Une chose est sûre : Emmanuel Macron bénéficie d’un appui terrien, celui de son épouse.



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Publish date : 2019-06-21 11:55:08

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Trois ans de Brexit résumés en dix chansons

Trois ans de Brexit résumés en dix chansons




23 juin 2016 : “Divorce”, Alex Cameron

Les procédures de divorce peuvent prendre du temps. Celui entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) a commencé il y a trois ans déjà lorsque, le 23 juin 2016, 17 millions de Britanniques ont voté “leave”. 51,9 % de la population a crié son désamour pour l’Union des vingt-sept, 43 ans après l’avoir intégrée. Ce jour marque l’officialisation du “Brexit”, un mot-valise composé des mots anglais “British” (britannique) et “exit” (sortie). Cette volonté de quitter l’UE était déjà présente depuis de nombreuses années et incarnée notamment par Nigel Farage, qui a été à la tête du parti eurosceptique UKIP (United Kingdom Independence Party, le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni) pendant neuf ans.



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Publish date : 2019-06-21 14:42:35

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Féminicides : "Aux femmes assassinées, la patrie indifférente"

Féminicides : "Aux femmes assassinées, la patrie indifférente"




Ce jeudi 20 juin, près de 200 femmes se sont réunies devant le Panthéon pour “crier leur colère” contre les féminicides. Une mise en scène forte, pour interpeller les pouvoirs publics et les appeler à prendre leurs responsabilités. Reportage.  
Paris, place du Panthéon, 18h30. Les militantes du collectif On arrête toutes, à l’origine de cette action contre le féminicide, arrivent le visage maculé de faux sang, des traces de strangulation sur le cou et des bleus plein le corps. “Numéro 1 pour Monica, 2 pour Pascale”, commence à énumérer Sophia, organisatrice, “54 pour Anne…” le nom des 66 victimes de féminicide depuis janvier dernier est ainsi énuméré. Chacune des victimes est en fait représentée par l’une des militantes. L’appel dure une dizaine de minutes pendant lesquelles seuls des noms sont énoncés et qui rendent ce chiffre de 66 tangible. Pourquoi cette mobilisation ? “On parle d’inaction et d’indifférence du gouvernement parce qu’il pourrait prendre des mesures concrètes”, explique aux Inrocks Suzy Rojtman, porte-parole d’On arrête toutes. “Comme, par exemple, mettre en place des ordonnances de protection pour les femmes victimes de violences ou développer un programme de formation prévu par la loi mais très peu appliqué.”
Initialement, le collectif a été créé pour organiser la grève générale des femmes du 20 juin. Pourtant face au nombre croissant de féminicides les militantes ont décidé d’agir ce jeudi 20 juin pour interpeller les pouvoirs publics et rendre visibles ces femmes, assassinées très souvent par leur conjoint ou leur ex. Plusieurs collectifs sont présents. Comme cette dizaine de femmes, pancartes à la main et badge AFD (Alliance des Femmes pour la Démocratie) épinglés au T-shirt, qui nous rappellent que ce rassemblement n’est pas le premier “Il y a déjà eu une action le jeudi de l’ascension avec les Femen. Mais on recommence parce qu’il faut qu’il y ait une prise de conscience qui freine le féminicide et sa passe par la multiplication des actions.”

Des masques à l’effigie de Macron

Un peu plus loin, une banderole est accrochée à la grille du Panthéon. Elle porte le slogan “Aux femmes assassinées, la patrie indifférente”, en réponse à la devise inscrite sur le monument “Aux grands hommes, la patrie reconnaissante”. Dans une atmosphère chaleureuse et sur fond de Balance ton quoi de la chanteuse Angèle, on croise Iémima activiste chez Nous toutes. Elle s’étonne toujours du nombre de femmes tuées par leur conjoint ou leur ex dans un pays comme la France : “C’est la 66e femme, c’est fou ! Ça fait une tous les deux jours !” Pour la militante, les pouvoirs publics doivent agir et vite, elle poursuit : “Macron ne fait rien alors que c’était censé être la grande cause du quinquennat. Si c’était des hommes qu’on tuait, ça ferait longtemps que quelque chose aurait été fait.”

Sur les pancartes, on peut lire : “Le machisme fait le lit du fascisme”, “Crimes misogynes = crimes contre l’humanité”, “Justice pour les femmes”. Des bandeaux portant le nom de chacune des victimes viennent rejoindre la banderole sur la grille du Panthéon. Le tout est bien gardé par les quelques hommes venus se joindre au combat de ces femmes. Certains sont vêtus des costumes de policiers ou de juges, d’autres portent des masques à l’effigie de Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes/hommes, de Christophe Castaner, le Ministre de l’intérieur ou encore du président Macron. Les mains maculées de sang, ils jouent les gardes du corps de la banderole. On peut lire sur leurs costumes “La police ne protège pas” ; “La justice ne punit pas”. Nombre d’entre eux sont venus soutenir une sœur, une compagne. A côté d’eux se tient une jeune militante du collectif Du pain et des roses. Et, pour elle, c’était primordial de venir : “Je suis heureuse de voir qu’il y a autant de monde, c’est important de dénoncer ce qui se passe, de le rendre visible”.

“Leur sang est sur vos mains”

Alors qu’en fond sonore, les chants féministes ont remplacé Angèle, les militantes commencent à se rassembler, se mettent en lignes et l’ambiance jusqu’ici plutôt joviale s’assombrit quelque peu. Une Marseillaise féministe est entonnée. “Et nous citoyennes ici au Panthéon crions, crions pour que leur sang n’abreuve plus nos sillons”, chantent en chœur les 66 représentantes des femmes assassinées depuis le mois de janvier. Pendant une minute de colère en lieu et place de la traditionnelle minute de silence, cris, sifflements et bruits de casseroles s’entremêlent. Les représentantes tombent, l’une après l’autre à l’image de cadavres gisant sur le sol. Un “policier” entoure leur silhouette à la manière d’une scène de crime pendant que ses “collègues” se cachent les yeux, la bouche et les oreilles à la manière des singes de la sagesse. Pendant ce temps, les noms des victimes sont énumérés de nouveau et accompagnés de : “étouffée”, “tuée par arme à feu”, “étranglée”, “tuée à la hache”, “battue à mort”. Une énumération choc qui introduit une longue liste de revendications, transmises aux pouvoirs publics. “Leur sang est sur vos mains”, scandent les manifestantes pour dénoncer l’inaction du gouvernement. Elles demandent principalement “que le dispositif judiciaire qui existe et qui permet de protéger les femmes soit strictement appliqué, que les mesures de protection et d’hébergement d’urgence soient renforcées et la protection de l’emploi des femmes victimes.”

Pour clore la manifestation, un micro ouvert est mis à disposition de celles qui veulent témoigner. L’une des représentantes se lance : “Je représente Babète qui n’a plus, comme moi, la chance d’être en vie. Je ne la connaissais pas et je ne la connaîtrais jamais parce que son mari en a décidé autrement.” Annie Lahmer, élue écologiste en Ile de France prend la suite et s’insurge contre ces hommes violents qui restent titulaires de leur mandat “Ce sont les hommes qui font les lois et parmi eux, il y a des hommes qui battent leur femme.” A une militante de conclure : “On doit en finir avec cette société patriarcale qui nous tue.”



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Publish date : 2019-06-21 13:49:03

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